LA COMPASSION LIBERE LA PUISSANCE DE DIEU.W.P.
( Pasteur William Parrot )
Nous lirons un verset dans le prophète Esaïe 63/15 b. « Le frémissement de Tes entrailles et Tes compassions ne se font plus sentir envers moi. » C’est la prière du peuple repentant, vous retiendrez le frémissement des entrailles et la compassion de Dieu.
Dimanche dernier, nous avons « bouclé » ensemble une trilogie :
1. Le pouvoir de la parole, avec une mise en garde solennelle contre le pouvoir destructeur de la langue (Pr.18/21) : « La vie et la mort sont au pouvoir de la langue. »
2. Le pardon, source de guérison et de libération (Eph.4/30-32).
3. La sanctification du chrétien : « Un appel pressant à la sanctification » (1 Pi.1/16) : « Soyez saints car Je suis saint. »
Bien que cette trilogie soit « bouclée », j’aimerais reprendre ces versets de (Eph.4/30 et 32) : « N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu par lequel vous avez été scellés pour le jour de la Rédemption… Soyez bons les uns envers les autres, soyez compatissants… »
J’aimerais avec vous partir dans une autre direction, c’est le mot « compatissant » que j’ai retenu pour ce culte de ce matin et toute cette méditation, peut-être même celle de cet après-midi tournera autour de ce mot « compatissant ».
Depuis un certain temps, je suis profondément « travaillé », malaxé, pétri, martelé, nourri par cette pensée qui vient de l’Esprit de Dieu : « La compassion » une compassion « en forme de croix. »
Nous verrons sa verticalité ou sa hauteur : la compassion de Dieu à notre égard, la compassion de Christ également, notre divin Modèle. Puis son horizontalité ou sa largeur, la compassion les uns envers les autres, une compassion qui doit « déborder ».
La compassion
Je suis heureux de pouvoir partager avec vous, mes frères et sœurs en Christ, cette pensée de l’Esprit de Dieu et sans l’avoir vraiment recherché, je suivrai le plan des trois premiers messages, ce qui donnera, en fait, une certaine continuité, malgré la trilogie « bouclée » et une unité de pensée facile à retenir, c’est mon but pour vous.
Rappel :
1. Le pouvoir de la parole : Elohim, le Dieu Créateur, qui crée au moyen de Sa Parole ; Christ, la Parole de Dieu créatrice ; et le pouvoir de la langue chez le chrétien.
2. Le pardon : source de guérison, Dieu, un Dieu de pardon ; le pardon du Christ sur la Croix ; le pardon chez le chrétien.
3. La sanctification : « Un Appel pressant » la sainteté de Dieu ; la sainteté du Fils de Dieu, la sanctification du chrétien.
Définition du mot « compassion »
Revenons maintenant au mot « compassion », il vient du latin « pati » qui signifie « souffrir » d’où le mot « passion ». On connaît tous cette expression : « La Passion du Christ » c’est à dire les souffrances du Christ.
Compassion signifie littéralement : « Souffrir avec ». La meilleure définition serait : « ressentir la souffrance d’autrui comme étant la sienne. » J’ajouterai : « ressentir la souffrance d’autrui avec … passion ». «
Avec passion » dans les deux sens du terme : avec une réelle souffrance mais aussi avec un débordement d’amour, un débordement de ferveur pour autrui devant sa souffrance.
La compassion dans le cœur de Dieu.
Dieu est Esprit, bien sûr, mais j’imagine Son cœur, Son cœur de Père, comme un océan disons : « cosmique », un océan de vie, qui bouge, qui est en perpétuel mouvement, un océan avec des vagues des courants, nous n’avons pas un Dieu statique ; et dans ce cœur du Père, de ce Dieu infini vibre pour chacun d’entre nous ce matin de la compassion.
Dieu, le Créateur de toutes choses, est « Notre Père », Il est Mon Père et Son cœur bat de compassion pour nous, Il déborde de compassion en cet instant pour nous, pour toi, pour moi. Il déborde aussi d’Amour, de Bonté, de Bienveillance, de Grâce, de Miséricorde.
L’apôtre Paul profondément inspiré, poussé par le Saint-Esprit L’appelle (2 Cor.1/3) : Le Père des miséricordes et il est impossible de séparer tous ces attributs moraux de Dieu, ils sont intimement entrelacés, liés, complémentaires d’une complémentarité parfaite divine, ils forment un tout.
Le cœur de Notre Père est comme un torrent jaillissant, intarissable qui se renouvelle sans cesse. Son cœur déborde de Compassion, d’Amour, de Miséricorde, de Bienveillance… Le ruisseau de Dieu est plein d’eau pour toi ce matin, Alléluia !
Revenons à la Compassion de Dieu ; quand Il descend dans la nuée de Gloire (la Shékinah) pour se tenir auprès de Moïse, Il passe devant lui proclamant Lui- même (Ex.34/6-7) : « L’Eternel, l’Eternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité qui conserve Son Amour jusqu’en mille générations, qui pardonne l’iniquité. »
Et ce magnifique écho de Dieu se répercute dans les Psaumes 86, 103 et 145, dont nous relirons le verset 8 : « L’Eternel est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et plein de bonté. L’Eternel est bon envers tous et Ses compassions s’étendent sur toutes Ses œuvres » Amen !
Dieu avait déjà dit à ce même Moïse devant le buisson ardent, en parlant de Son peuple d’Israël en esclavage (Ex.3/7) : « J’ai vu la souffrance de Mon peuple, J’ai entendu leurs cris, Je connais ses douleurs » (autrement dit : Je ressens sa souffrance) ; cela nous rappelle le (Ps.34/7) : « Quand un malheureux crie, l’Eternel entend. » L’Ecriture nous dit (Ex.2/25) : « Dieu regarda les fils d’Israël, et Il en eut compassion. »
Puis il y a cette prière du peuple d’Israël repentant de (Es.63/15) : « Le frémissement de Tes entrailles et Tes compassions ne se font plus sentir envers moi. » « Le frémissement de Tes entrailles » : quelle magnifique expression ! Les entrailles de Notre Père frémissent de compassion pour chacun d’entre nous. Dieu désire ce matin nous faire ressentir Sa compassion.
Le prophète Jérémie dira (Lam.3/23) : « Ses compassions ne sont pas à leur terme ; elles se renouvellent chaque matin. » Elles se renouvellent ce matin dans ce lieu de culte, elles veulent se renouveler dans notre vie spirituelle, dans ta vie qui est peut-être comme un désert.
Le frémissement de Tes entrailles » c’est ce que cherchait à exprimer Zacharie, le père de Jean-Baptiste, quand rempli du Saint-Esprit, il prophétise en parlant justement (Luc 2/78) : « Grâce aux entrailles de la miséricorde de notre Dieu. »
Le Christ ému de compassion
Cette formidable expression du prophète Esaïe : « le frémissement de Tes entrailles » nous amène à une autre expression non moins formidable que nous trouvons dans les Evangiles concernant le Christ durant Son ministère terrestre, il est dit de Jésus à plusieurs reprises dans des circonstances particulières qu’Il « était ému de compassion ».
Etre ému de compassion, déjà dans notre langue française est une expression parlante, émouvante, touchante, mais dans le grec du Nouveau Testament, la pensée est encore plus forte, plus profonde, plus prononcée ; le verbe : « Splagchnizomai » qui est utilisé signifie « avoir des entrailles ».
Autrement dit, quand Jésus est « ému de compassion » Il est « pris » aux entrailles. Son Etre le plus profond, Son for intérieur est intensément bouleversé, « touché » aux entrailles et Il ressent comme faisant partie de Lui-même la souffrance de l’homme, parfois même Ses yeux sont remplis de larmes. Jésus pleure des « larmes de compassion » et comme pour Dieu Ses entrailles frémissent de compassion.
Quand le Christ compatissant touche le lépreux, Ses entrailles frémissent de compassion et le lépreux est miraculeusement guéri (Marc 1/41). Quand Il touche les yeux des deux aveugles de Jéricho, Ses entrailles frémissent de compassion et leurs yeux s’ouvrent, la puissance de Christ a agi (Mt.20 : 34).
Quand le Christ compatissant touche le cercueil du fils de la veuve de Naïn, l’Ecriture nous dit que Ses entrailles ont frémi de compassion voyant la maman pleurer et le jeune homme est ressuscité par la puissance de Christ (Lc.7/13).
Lazare également fut ressuscité d’entre les morts par la Toute-Puissance de Dieu : là encore, le Christ compatissant a frémi non seulement dans Son Esprit, mais aussi dans Ses entrailles (bien qu’ici ce soit un autre mot grec qui est utilisé) (Jn.11/33, 35, 38).
On peut déjà retenir ceci comme une loi spirituelle : La compassion de Christ libère Sa Toute-Puissance, elle est le canal béni par lequel jaillit la puissance miraculeuse de Dieu, le Tout-Puissant, El Shaddaï, Celui à qui rien n’est impossible.
C’est la Toute-puissance miraculeuse de Christ qui libère la puissance de guérisons, de délivrances, de nouvelles naissances venant de Dieu.
La compassion chez le chrétien
Soyez bons les uns envers les autres, compatissants (Eph.4/32). Nous sommes des enfants de Dieu, des enfants du Père. L’Ecriture nous dit que nous sommes devenus le Temple du Saint-Esprit, nous avons reçu Dieu, Lui-même par le Saint-Esprit.
Ce Dieu qui est Amour, le Père des miséricordes habite en nous. Nous sommes engendrés de ce Dieu, participants de la Nature divine, qui est Amour, Miséricorde, Compatissant.
L’Ecriture nous dit (Rom.5/5) que nous avons reçu l’Amour de Dieu par le Saint-Esprit qui nous a été donné et quand Il nous donne ce commandement (Eph.5/18) :« Soyez remplis du Saint-Esprit, soyez débordants du Saint-Esprit » est-ce que cela veut dire simplement : Soyez revêtus de la force, de la puissance de Dieu ? Non ! Nous devons déborder comme une source naturelle d’amour, de bonté, de bienveillance, de miséricorde et surtout nous devons déborder de compassion les uns envers les autres.
Notre cœur rempli du Saint-Esprit, régénéré par Dieu, notre cœur nouveau, notre cœur de « chair » n’est plus un cœur de pierre, un cœur qui était si dur, mais un cœur qui est devenu sensible et il doit être au diapason de Celui du Père.
Et quand je dis « doit » c’est une finalité, ce n’est pas un devoir spirituel, qui ne resterait qu’intellectuel, c’est une conséquence naturelle de notre nouvelle nature, de notre plénitude spirituelle ; c’est comme une source qui coule d’elle-même, notre cœur doit déborder de compassion pour ceux qui souffrent ; nous devons ressentir leur souffrance comme si elle était la nôtre. Nous devons en quelque sorte nous identifier à leur souffrance.
Je partagerai avec vous ce témoignage d’un pasteur ; il est allé voir un de ses chrétiens, un croyant de l’église, qui était mourant, il en avait encore pour quelques heures à vivre, il avait un cancer généralisé, c’était la fin, il était en train de trembler de froid, il n’avait plus de vie en lui.
Le pasteur était là, il ne savait pas quoi faire, il va commencer à lui prendre la main, le corps du mourant est glacé, il est secoué par des soubresauts, le pasteur va ensuite mettre son bras sur le sien, cet homme tremble toujours, le pasteur va petit à petit s’étendre auprès du mourant, mais cet homme continue à trembler, le pasteur, ému de compassion, le prend dans ses bras, il le serre pour lui donner sa chaleur et il va prier dans son cœur, la compassion libère la puissance de Dieu et cet homme va guérir et il va être délivré. L’Ecriture nous dit (Rom.12/15) : « Pleurez avec ceux qui pleurent » ou encore (1 Cor.12/26) : « Quand un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui. » Mes frères et sœurs, soyons compatissants les uns envers les autres.
La relation d’aide
Supportez les faibles et pansez-les avec compassion : J’en arrive au point le plus sensible, le plus crucial de mon message, l’Ecriture nous dit (1 Thes.5/14) :« Supportez les faibles. » Il y a là tout un ministère pour l’Eglise. Vous savez que le mot ministère (en grec : diacona) signifie service ; c’est un service humble pour la gloire du Christ, Celui qui veut relever, fortifier par Sa force toute puissante.
Notre monde est de plus en plus obscur, enténébré, tourmenté ; des hordes de puissances infernales déferlent sur notre monde de plus en plus cruel, sauvage… Et ils arrivent de plus en plus dans nos églises des « blessés » des « écorchés » de toutes sortes, vraiment des pauvres malheureux, des gens enchaînés par des dépressions nerveuses, destructives, ravageuses d’autres enchaînés par des puissances d’occultisme, de sorcellerie complètement aveuglés, au psychisme marquépar la destruction. Certains ont perdu tout repaire, ils ont perdu le sens de la réalité.
D’autres encore sont tombés dans des passions impies : homosexualité, transsexualité, pornographie et j’en passe. Certains vont se convertir, d’autres partiront comme ils sont venus, nous nous le savons pas, à moins d’une révélation divine par le Saint-Esprit : une parole de connaissance, Dieu, Lui le sait ! Alléluia !
Déjà dans cette première dimension, pour tous ces gens qui peuvent venir, que chacun d’entre nous puisse avoir un regard favorable, un regard bienveillant ; que chacun d’entre nous puisse déborder de compassion pour tous ces pauvres malheureux.
Souvenez-vous que la compassion libère la puissance de Dieu, elle libère la puissance miraculeuse de la délivrance, de la guérison. Arrivent aussi parfois parmi nous des chrétiens qui se sont engagés pour Dieu dans le passé, quand ils étaient adolescents, et qui sont tombés dans des « abîmes » sataniques que je ne nommerai pas ce matin.
Comment sont-ils tombés ? Cela me rappelle cette phrase de l’Ancien Testament : Ils sont tombés ces héros ! Que chacun et chacune d’entre nous, sans bien sûr, « accepter » le péché, puisse les accueillir avec une compassion débordante se souvenant que : « l’Amour couvre une multitude de péchés. »
Souviens-toi aussi mon frère, ma sœur (je me parle également à moi-même) que si tu es debout ce matin, tu le dois uniquement à la grâce de Dieu.
Personne n’a le mérite de rester debout ce matin, bien sûr, il y a notre responsabilité, mais c’est quand même une grâce de Dieu. Que le Nom de Jésus soit béni ! La compassion libère la puissance de Dieu, cette puissance miraculeuse qui permet la repentance et le retour des rétrogrades à Christ.
Enfin, il y a parmi nous des frères et des sœurs en Christ qui sont faibles… si faibles ! quel qu’en soit le domaine ! L’Ecriture nous demande de les supporter, supportons-les ou plutôt portons-les avec compassion en réalisant que c’est Dieu, Lui-même qui nous les a confiés. La compassion libère la puissance de Dieu, cette puissance miraculeuse de transformation, à l’image de Dieu, de Jésus-Christ.
En conclusion : soyons pratiques !
Pour ce travail de relation d’aide je vous laisse quelques clés en or ! Il y en a bien d’autres :
- Avant tout, entretenir une relation intime avec Dieu qui nous permettra d’entendre Sa voix, de recevoir Ses directives et de rester dans l’humilité. Dieu ne peut utiliser que des chrétiens, des chrétiennes humbles.
- Etre rempli du Saint-Esprit jusqu’à déborder de compassion pour ceux ou celles qui ont besoin d’aide. Le cœur de l’homme parle au cœur de l’homme et cette compassion qui coule d’elle-même libèrera la puissance de Dieu.
- Après avoir écouté Dieu, savoir « écouter » celui qui a besoin d’aide, c’est pour cela que nous avons des oreilles et une langue, et aussi savoir écouter les cris de désespoir qui resteront silencieux, les déceler dans la compassion.
4. Demander à Dieu des paroles de connaissance, des révélations par le Saint-Esprit, savoir donner une parole de vie, une parole à propos qui sort du « cœur de Dieu » qui sort de Son trône ; et une seule parole dans ce cas peut apporter un « déclic » divin, un « déclic » miraculeux.
5. Enfin, demander à Dieu de nous diriger par le Saint-Esprit vers celui ou celle pour qui Dieu veut nous utiliser en respectant ce principe : un frère s’occupe d’un frère, une sœur s’occupe d’une sœur, ou alors un groupe s’occupe d’un frère ou d’une sœur mais pas un frère seul qui s’occupe d’une femme seule.
Nous voulons avoir un travail saint et aussi un travail sain, nous ne voulons pas que le diable utilise ce genre de travail, cela arrive malheureusement. Puis une fois que Dieu nous a montré une personne, il faut la prendre en charge dans la prière, une prière empreinte de compassion ; et toujours dans cette même dimension avec l’aide du Saint-Esprit, avec beaucoup de délicatesse, (le Saint-Esprit sait donner de la délicatesse) avec beaucoup de doigté, en collaboration avec le pasteur ou d’autres responsables de l’Eglise (tout se fait dans la lumière) l’aider, la soigner, la panser.
Le mot de la fin
Mes frères et sœurs, soyons compatissants les uns envers les autres, comme Notre Dieu, Notre Père, que nos entrailles frémissent de compassion ! Comme pour le Christ, notre Modèle, sachons être bouleversés de compassion, frémissant intérieurement pour ceux qui souffrent.
Soyons débordants de compassion comme une source qui coule d’elle-même. Enfin gardons gravés dans notre esprit qu’elle est le canal béni par lequel Dieu libère Sa puissance, par lequel Il fait jaillir le miracle. Alléluia ! « Soyons compatissants ».
AMEN